Ce matin, encastrée au fond de la rame de la ligne deux, le dos plaqué contre la vitre,
avec les 12600 autres personnes qui avaient décidé de prendre le train qui traverse la cordillères des Andes avant de se rendre au boulot, une énorme truie violette est venue se planter devant
moi et, en frottant son ventre flasque contre moi a érodé la dernière parcelle d'humanité qui me raccrochait à la vie.
La grosse personne, certainement plusieurs fois millénaire, coiffée en brosse, les cheveux couleur violine ET dotée d'une mèche pétard (non mais oui ...c'est inconcevable et c'est un appel à la
haine) m'a alors violement soufflé son haleine laitière au visage et je suis quasi sure qu'elle s'était volontairement vomi dans la bouche avant. Quand par-dessus le marché elle a ouvert son
canard enchainé, s'appropriant les 2cm² d'espace restant, j'ai compris qu'une guerre psychologique commençait.
Je n'ai rien lâché. Compressée, comme sous vide, j'ai refusé de reculer un peu plus, je sentais que je perdais toute sensation au niveau des jambes et des bras mais peu importait ! J'ai réussi a
hisser mon sac entre elle et moi et a écorché violemment son journal. Nouveau souffle d'énervement de la grosse moche, j'ai cru m'évanouir sous la charge olfactive.
A ce stade les fourmis et les crampes ayant gagné la moitié de mon organisme je n'étais plus qu'un tronc humain. J'ai quand même trouvé la force de lui écraser sauvagement le pied avec mon talon.
J'ai envisagé de chopper son goitre et de le lui pincer jusqu'à ce que mort s'en suive mais je me suis dit que si elle décidait de s'assoir sur moi s'en était fini de ma vie.
La vilaine, qui suintait, a alors décidé d'enlever sa parka krakabi. Incroyable ! Mais pourquoi pas entamer son cours de yoga ashanti ? Consternation, soufflements hystériques des usagers.
Sentant que la foule allait la saucissonner vivante à la barre du métro, la grosse est descendue à Charles de Gaulle Etoile, j'ai mis 10mn pour recouvrer l'usage de mes jambes et trottiner vers
un strapontin.
Ca n'a servi à rien ? Je m'en tape.
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